Montréal Basilique Notre-Dame, région 06, Québec [1]
« De Québec »
Notes
MALLET DENIS menuisier et maître sculpteur fils de Louis-Denis Mallet et de Renée Padouillet de la paroisse de Notre-Dame d'Alençon évêché de Laix en France inhumé à Montréal le 1er novembre 1704.
Il n'est pas impossible que Mallet soit venu au Canada en même temps et dans les mêmes circonstances que Lajoüe avec qui il partagea une maison en 1692. Nous ne possédons aucun indice susceptible de nous révéler son âge mais nous pouvons supposer qu'il était dans la vingtaine lorsqu'il arriva au pays vers 1688. Le 14 octobre 1695 à Québec il signait un contrat de mariage avec Marie-Madeleine Jérémie fille de Noël et leurs trois enfants moururent en bas âge. Le 10 novembre 1699 il se remariait à Sainte-Foy avec Geneviève Liénard et s'établit à la côte Saint-François-Xavier. De cette union naissent deux filles et un fils qui parvinrent à l'âge adulte.
Dans un premier contrat connu il s'engage le 24 décembre 1693 à exécuter un tabernacle de dix pieds de large et de sept pieds de hauteur le dôme compris pour la somme de 600#. Le contrat passé en présence de Frontenac protecteur des Récollets auxquels l'ouvrage est destiné spécifie que le tabernacle « sera vollant et qu'il pourra s'ôter et qu'en place du comble du tabernacle sera aussi une niche composée de trois anges qui soutiendront une couronne royale et qu'il fera aussi cinq figures dans les niches du dit tabernacle. » Le tabernacle de l'autel central de l'église de l'Ange-Gardien conservé au Musée de Québec qui fut exécuté à la même période par Leblond de Latour nous permet sans doute de nous faire une idée de cet ouvrage disparu. Il faut attendre 1700 avant de retrouver la trace de Mallet comme sculpteur - il façonne alors un lion pour orner la barque d'un marchand de Montréal.
L'année suivante il eut affaire à la justice. Il fut condamné et incarcéré en compagnie du notaire Genaple un ancien menuisier pour manque de respect envers l'autorité. Il avait en effet manifesté un peu trop bruyamment sa volonté d'entreprendre un voyage au Mississipi sans attendre l'autorisation du gouverneur. Il meurt à Montréal et y est inhumé le 1er novembre 1704 loin de sa femme alors en France. À l'inventaire de ses biens figurent « douze petits outils servant à tourner le bois quelques vieux becs d'âne pour servir à la menuiserie [...] le tout de peu de valeur ». Sur cette note discrète se clôt prématurément la carrière de Mallet dont nous avons peine à suivre la trace. Il dut cependant marquer la sculpture de son temps à Québec - en effet le témoignage rendu en sa faveur par Juconde Drué et Leblond deux figures importantes de l'art canadien lors d'un procès entre Mallet et les Jésuites en octobre 1700 prouve l'importance de son rôle.
L'activité de Mallet correspond à la période de décoration des couvents des Jésuites et des Récollets et elle se limite en grande partie à ces programmes dont nous savons fort peu de chose. Il emploie sans doute le reste de son temps à des travaux de menuiserie courante et à de menues commandes de sculpture son rôle comme professeur à Saint-Joachim étant hypothétique et peu vraisemblable. Les vues de Short de l'intérieur des églises des Jésuites et des Récollets et les panneaux du Musée de Québec attribués à Mallet indiquent la mesure de l'activité décoratrice en Nouvelle-France et démontrent que cet art soutient bien la comparaison avec celui de la France dont il est directement issu.
Pierre Mayrand
AJQ Greffe de Louis Chambalon 10 mai 1694 - Greffe de François Genaple passim - Greffe de Florent de La Cetière 13 mai 1705 - Greffe de Guillaume Roger 14 oct. 1695 9 nov. 1699. - IOA Dossier Mallet. - Jug. et délib. IV : 478 - V : passim. - Tanguay Dictionnaire I : 405. - Morisset La peinture traditionnelle au Can. fr. 28. - J.-E. Roy Histoire du notariat I : 124.