Montréal Basilique Notre-Dame, région 06, Québec [1]
Âge déclaré au décès : 77 ans
Notes
BROSSARD Urbain 1633-1710 - Baptisé le 4 janvier 1633 à Saint-Germain de la ville de La Flèche en Anjou Sarthe fils de Mathurin Brossard et de Michelle Bidau il contracte mariage devant le notaire Basset le samedi 3 avril 1660 avec Urbaine Hodiau née vers 1646 fille de Sébastien Hodiau et de Marie Meunier et l'épouse à Montréal le lundi 19 avril 1660. De leur union naissent huit enfants.
Ce maître maçon s'engage envers le sieur de la Dauversière devant le notaire Lafousse le 12 avril 1653 à venir travailler durant trois ans à Montréal. On lui remet 104 livres en avancements de ses gages ce qu'il reconnaît par un acte né devant le notaire Belliotte le 20 juin suivant. Il arrive à Montréal le 16 novembre 1653 et s'y établit. Il s'adonne en société avec d'autres maçons dont son compatriote Michel Bouvier à divers travaux de maçonnerie. Une de ses premières réalisations est la construction d'un bâtiment de trente pieds par vingt pieds pour Lambert Closse près de l'Hôpital : il reçoit 6 livres par toise. Le 4 avril 1660 il entre en société pour trois ans à raison de la moitié des dépenses et des profits pour tout ouvrage de maçonnerie avec François Bailly. Le 20 décembre 1662 il a une altercation avec Louis Loisel et son épouse qu'il traite de cornard. Accusé d'avoir adressé publiquement des « injures affreuses » il est condamné à verser 10 livres d'amende ce qu'il fait confirmer par un acte notarié le 27 janvier 1663. Le premier octobre suivant il échange avec son beau-père Sébastien Hodiau la maison de maçonne qu'il a fait construire à ses frais sur l'habitation de ce dernier contre une maison de colombage au même endroit.
À compter de 1665 et cela pour de nombreuses années il s'adonne presque exclusivement à son métier de maçon. Le 11 février 1665 avec Michel Bouvier il s'engage à construire une maison de quinze pieds par vingt pieds avec une cheminée pierre Chauvin à raison de 375 livres. Il fournit tous les matériaux et la main d'?uvre nécessaire. Toujours avec Michel Bouvier le 22 février 1672 il promet de construire pour le sieur Jean Milot à raison de 750 livres une maison de cinquante pieds de longueur par vingt pieds de largeur et vingt-trois pieds de hauteur à Lachine. Là encore il fournit les matériaux. Il s'entend avec Jean Auger le 17 novembre 1672 pour éviter un procès. Auger devra avec son fils nettoyer et brûler tous les bois abattus sur sa terre et lui payer une somme de 10 livres et une courroie à b?uf de 4 livres. Le 29 novembre suivant il fait rapport d'arbitres au sujet d'une cheminée construite par Étienne Campeau à la maison de Pierre Gadois : il déclare cette cheminée dangereuse et à démolir. N'ayant plus besoin de la terre qu'il a acquise de son beau-père Sébastien Hodiau il la vend 150 livres à l'abbé Souard le 2 janvier 1673. Le 12 juillet de la même année il est appelé à témoigner dans une affaire de vol impliquant Pierre Verrier dit La Saulaye. Un an plus tard le 20 février 1674 Jean Milot lui donne quittance pour les travaux réalisés à sa maison de Lachine.
C'est un fourneau à chaux de quatre-vingt barriques qu'il promet de réaliser en compagnie de Michel Bouvier pour Jean Gasteau le 10 mars 1675 et exige 80 livres pour ce travail. Il vend la moitié d'un puits au sieur de Hautmesnil pour lae de 100 livres et trois pots d'eau-de-vie ou de vin le 4 janvier 1676. Le sieur Daniel Greysolon Duluth lui confie le 20 août suivant avec Gilles de Vennes et Michel Bouvier la construction d'un bâtiment proche de la rue Saint-Charles à raison de 6 livres la toise.
Au rec. 1681 il possède trois bêtes à cornes et quinze arpents de terre en valeur. Son épouse décède à Montréal le 15 juillet 1681 deux mois après avoir donné naissance à un enfant. Il se doit de faire vivre ses jeunes enfantsntinue à travailler au même rythme. Pierre Chantreau lui confie de la maçonnerie à sa maison le 8 août de la même année pour 33 livres. Avec Michel Bouvier et François Renaud il se porte caution du concierge Bailly le 14 août 1682. Le 29 août suivant il fait une déposition sur la plainte de la Dame Milot contre la dame Soumande à propos d'injures. Un marché de maçonnerie d'une valeur de 150 livres pour le logis de Pierre Chesne dit le tient occupé en 1686.
Après avoir loué pour trois ans pour seize minots de blé une habitation de feu Gilles Lauzon située au-dessous du moulin du Coteau le 24 février 1689 il est occupé tout au cours de cette même année à divers travaux de maçonnerie. Le 17l il s'engage à faire un logis de vingt-cinq pieds par vingt pieds avec une cheminée pour Mathurin Parent et en obtient 370 livres. Il termine l'année en promettant de fournir toute la pierre nécessaire pour une cheminée simple à la maison du boulanger Antoine Poudret le tout pour 73 livres. C'est avec Michel Dubuc qu'au début de 1690 le premier mars il obtient le contrat de maçonnerie à 11 livres et 10 sols la toise pour la maison du marchand Claude Pothier. Ses talents sont reconnus à leur juste valeur et il ne se passe pas une année sans qu'il soit appelé à réaliser de gros travaux. Le 16 septembre 1691 à raison de 155 livres il construit un fournil avec four et cheminée pour le sieur de Hautmesnil. Pour 550 livres il promet au charpentier Léonard Paillard d'élever un carré de maçonnerie de huit perches près de la chapelle de Bonsecours le 24 septembre suivant. Pierre Legardeur de Repentigny lui confie le 12 juillet 1692 la réalisation des fondations de sa maison à 5 livres et 15 sols la toise et Claude Dudevoir en fait autant à 115 sols la toise le 12 novembre pour un carré de maison de trente pieds par vingt pieds. L'année suivante le 6 avril 1693 ce même Claude Dudevoir promet contre la moitié des récoltes de lui livrer quatre minots de blé et un minot et demi de pois pour ensemencer sa terre.
On relève deux contrats en 1694 : le 8 juillet pour 145 livres la construction d'une cheminée à la maison de Pierre Lecavellier et le 3 septembre pour 150 livres une mansarde au logis du sieur Jacques-Alexis Fleury Deschambault. À lae l'année 1695 il est occupé à construire un bâtiment de vingt-six pieds et demi par seize pieds et demi près de la maison du sieur Hautmesnil pour 460 livres et il doit en plus réaliser une porte de pierre taillée au poinçon deux cheminées changer de place la porte de cave et boucher l'ancienne ouverture. Le 5 juin 1696 il règle tous ses comptes avec le Séminaire auquel il devait 125 livres 14 sols et 9 deniers. Il se retire par la suite laissant à d'autres le soin de bâtir des maisons. Avec Jean Deslandes il participe le 26 janvier 1704 à la construction d'une tour de vingt et un pieds de hauteur par seize pieds de largeur pour le moulin de la seigneurie de Saint-Ours le tout pour 190 livres. Il décède à Montréal où il est inhumé le 17 avril 1710. Signature numéro 152.
BROSSARD URBAIN maître maçon fils de Mathurin et de Michelle Bidaut né à La Flèche en Anjou en 1633 ou 1634 inhumé à Montréal le 10 avril 1710. Il vint à Ville-Marie avec la recrue de 1653. Engagé comme maçon et défricheur il s'adonne toute sa vie à la construction et aux travaux agricoles.
Sa première entreprise date du 30 novembre 1658 : il s'engage à construire à partir de mai suivant une maison pour Raphaël-Lambert Closse. En 1660 François Bailly le prend pour trois ans comme associé. En compagnie de Michel Bouvier il consruit six ans plus tard une maison pour Pierre Chauvin. Avec Gilles Devennes et Bouvier il élève en 1672 à Lachine une vaste maison pour Jean Milot taillandier et marchand de Montréal. En tête du contrat un dessin signé par Brossard ses associés ne savaient pas écrire montre les dispositions de ce bâtiment. Couvert par un toit en pavillon il mesurait 50 pieds sur 25 et comprenait un rez-de-chaussée et deux étages deux cheminées une forge un puits et un four extérieur. Avec les mêmes associés Brossard construit en 1676 une maison pour Daniel Greysolon Dulhut et en 1680 avec le seul Bouvier une maison pour Philippe Dufresnoy Carion.
Les dix années suivantes ne sont marquées que par des travaux d'ordre secondaire : fondations pignons et mansardes pierrottés cheminées et foyers. Suivent ensuite plusieurs ouvrages importants : en 1690 avec Michel Dubuc une maison pour le marchand Claude Pothier - en 1692 les maisons de Pierre Legardeur de Repentigny et de Claude Dudevoir en compagnie respectivement d'Étienne Campot et de Jean Mars - en 1695 un agrandissement considérable à la maison de Jean-Vincent Philippe de Hautmesnil - enfin en 1704 avec Jean Deslandes un moulin dans la seigneurie de Pierre de Saint-Ours.
Brossard était bon maçon et connaissait la taille de la pierre - à l'occasion il agissait même comme fournisseur de pierre et carrier. Ses marchés nous renseignent sur les méthodes de travail et les procédés de construction utilisés de son temps. On y voit que les entreprises sont généralement exécutées par des sociétés de maçons solidairement responsables et non par un seul entrepreneur. Ces maçons n'engagent la plupart du temps que « leur peyne et leurs outils » et comme ils sont une vingtaine à Montréal et dans les environs ils n'éprouvent pas le besoin de former des apprentis. L'emploi de la pierre taillée est rare - on se contente le plus souvent de « pierre de Caillous et des champs ». Il faut enfin noter la fréquence du colombage pierrotté mode ancien de construction dont l'usage se poursuivra au siècle suivant.
En 1660 Brossard avait épousé Urbaine fille unique de Sébastien Hodiau Fléchois comme lui. Celle-ci mourut au recensement 1681 après lui avoir donné huit enfants dont Catherine qui épousa le maçon Jean Sareau et Madeleine qui s'unit au fils d'Étienne Campot François le taillandier.
Jules Bazin
AJM Greffe d'Antoine Adhémar - Greffe de Bénigne Basset - Greffe d'Hilaire Bourgine - Greffe de Claude Maugue - Greffe de Pierre Raimbault. - ANDM. Jug. et délib. II : 734. - Recensements de 1666-1667 et 1681 Sulte.- DBC I : 79s.- R.-J. Auger La grande recrue de 1653 « MSGCF » I Montréal 1955 passim.- [Faillon] Histoire de la colonie française II : 536.- Morisset L'architecture en Nouvelle-France 129.- É.-Z. Massicotte Maçons entrepreneurs architectes BRH XXXV 1929 : 133s.
[S3009] LANGLOIS,Michel, Livre - Dictionnaire biographique des ancêtres québécois 1608-1700, (La maison des ancêtres, Sillery QC, 1998), Tome 1 (A à C) 295 (Type: 1 = Probable | 2 = Imprimé déposé | 3 = Manuscrit déposé | Type : 2).
[S3099] BROSSARD, Edgar B., Livre - Brossard, Edgar B. - Alphonse and Mary Hobson Brossard, (Family Edition, Wheelwright Lithographing Co.), 161 (Type: 1 = Probable | 2 = Imprimé déposé | 3 = Manuscrit déposé | Type : 2).
[S3009] LANGLOIS,Michel, Livre - Dictionnaire biographique des ancêtres québécois 1608-1700, (La maison des ancêtres, Sillery QC, 1998), Tome 1 (A à C) 294 295 (Type: 1 = Probable | 2 = Imprimé déposé | 3 = Manuscrit déposé | Type : 2).
[S562] DBC - Dictionnaire biographique du Canada, (Presses de l'Université Laval, Québec,1966), I 110 111 (Type: 1 = Probable | 2 = Imprimé déposé | 3 = Manuscrit déposé | Type : 2).